feuille de pommier décoration

Pollinisation du pommier : sans abeille, pas de fruit !

Au printemps, les abeilles sortent de leur ruche et butinent dans les vergers. Alliées des pomiculteurs, elles assurent la pollinisation des arbres fruitiers (les pommiers et poiriers, notamment), sans quoi nous n’aurions pas de fruits dans nos assiettes. 

Nous avons suivi Victoria, pomicultrice agréée Vergers écoresponsables, pour comprendre la pollinisation du pommier en direct de son verger en Charente.

Quel est le rôle des abeilles ?

Après le repos hivernal, les premiers bourgeons des pommiers apparaissent à partir du mois de mars. Signe annonciateur du printemps, ils se développent pendant plusieurs semaines jusqu’à atteindre le stade de pleine floraison : plus il fait beau et « chaud », plus les bourgeons se développent vite. Cela peut donc varier de quelques jours à quelques semaines selon la météo, la zone géographique mais aussi la variété. Une fois que le pommier est en fleurs, les abeilles font leur apparition dans les vergers en avril : « La pollinisation est une période très importante pour nous, pomiculteurs. C’est grâce aux abeilles et à la pollinisation que nous allons avoir des fruits », explique Victoria. 

Eh oui, pour produire des fruits, la présence d’abeilles est donc indispensable ! Car ce sont elles qui se chargent de la pollinisation. Le fonctionnement est assez simple : les abeilles se frottent aux étamines (l’organe mâle de la fleur de pommier) et récoltent les grains de pollen qui se fixent sur leur corps. En passant d’une fleur à l’autre, elles vont ainsi emporter le pollen avec elles et le déposer sur le pistil (organe femelle). C’est ce qu’on appelle la fécondation : une étape essentielle pour que la fleur devienne une pomme. Une abeille peut visiter jusqu’à 250 fleurs en une heure ! 

Schéma de la fleur à la pomme

Comme de nombreux arbres fruitiers et légumes, les pommiers ne sont pas nécessairement autofertiles. Certaines variétés vont avoir besoin de la présence d’autres variétés compatibles dans le verger, pour que la fécondation puisse se faire. On parle alors de pollinisation croisée, qui va être assurée inconsciemment par les abeilles. 

Si vous vous baladez dans un verger au printemps, vous pouvez facilement savoir si une fleur a été pollinisée. Si l’étamine est encore jaune, elle n’a pas été butinée par une abeille. Par contre, si l’étamine est devenue marron, alors la fleur est pollinisée et il est probable qu’elle se transforme en pomme dans les mois à venir. 

Les abeilles sont-elles les seules à polliniser ?

On associe souvent la pollinisation aux abeilles, car c’est l’insecte pollinisateur le plus connu. Il faut dire qu’à elles seules, elles assurent la pollinisation de 90 % des arbres fruitiers.

Pour autant, elles peuvent compter sur l’aide d’autres pollinisateurs : 

  • les bourdons, qui sont moins sensibles au froid grâce à leur « doudoune » intégrée
  • les abeilles dites « solitaires » ou « sauvages », qui ne vivent pas dans une ruche

La présence de ces insectes dans les vergers est essentielle, car elle permet de couvrir une période de pollinisation plus grande : les bourdons et les abeilles solitaires démarrent leur travail plus tôt et plus longtemps que les abeilles domestiques.

Tryptique ruche abeilles, bourdons sur fleur, abeilles sauvages

Comme de nombreux arbres fruitiers et légumes, les pommiers ne sont pas nécessairement autofertiles. Certaines variétés vont avoir besoin de la présence d’autres variétés compatibles dans le verger, pour que la fécondation puisse se faire. On parle alors de pollinisation croisée, qui va être assurée inconsciemment par les abeilles. 

Si vous vous baladez dans un verger au printemps, vous pouvez facilement savoir si une fleur a été pollinisée. Si l’étamine est encore jaune, elle n’a pas été butinée par une abeille. Par contre, si l’étamine est devenue marron, alors la fleur est pollinisée et il est probable qu’elle se transforme en pomme dans les mois à venir. 

Attirer les pollinisateurs dans les vergers

Pour favoriser la présence d’abeilles dans leurs vergers, les pomiculteurs labellisés Vergers écoresponsables travaillent en étroite collaboration avec des apiculteurs qui viennent installer des ruches domestiques près des pommiers au printemps. Il faut en moyenne 4 à 5 ruches par hectare, soit environ 130 000 abeilles, pour permettre la pollinisation du verger et assurer ainsi la prochaine récolte de pommes. De plus en plus, les pomiculteurs deviennent apiculteurs eux-mêmes !

Ils sèment également des bandes fleuries et installent des hôtels à insectes pour héberger les autres espèces pollinisatrices : « Les abeilles solitaires ne vivent pas en ruche et ne produisent pas de miel. Elles s’installent dans les hôtels à insectes ou dans de petits trous. Leur travail est complémentaire à celui des abeilles domestiques, car elles butinent également les pommiers pendant la période de pollinisation », confirme Victoria.

Comment se forme une pomme après la fleur ?

Une fois que la fleur du pommier a été pollinisée, ses pétales vont tomber. La partie du dessous (le réceptacle floral) va commencer à grossir pour donner la pomme. C’est dans cet organe que l’on retrouve notamment les pépins, qui ont été fécondés lors de la pollinisation. Pendant tout l’été, le fruit va se développer jusqu’à sa récolte à partir de fin août. 

Pendant toute la période de développement du fruit, les pomiculteurs vont veiller au grain pour que la récolte se passe bien. « Une fois formés, certains fruits vont tomber naturellement. Mais il en restera toujours trop sur l’arbre » raconte Victoria. Ils vont alors procéder à l’éclaircissage manuel, pour enlever certains fruits et réguler la charge de l’arbre. Cette étape permet également d’avoir des fruits avec un calibre plus régulier. 

De juin à août, les pomiculteurs s’occupent également de la taille en vert, qui consiste à enlever certaines branches de l’arbre. Grâce à une meilleure pénétration de la lumière, les pommes deviendront plus colorées.

Et si les abeilles et pollinisateurs disparaissaient ?

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), 90 % des espèces végétales à fleurs dépendent uniquement des abeilles et des insectes pollinisateurs pour leur reproduction. Les pommiers et les poiriers ne font pas exception !

Conscients qu’elles sont les gardiennes de leur production de fruits, les pomiculteurs se doivent donc de protéger les abeilles. En intégrant la démarche Vergers écoresponsables, ils sont incités à mettre en place plusieurs actions pour assurer leur protection : installation de ruches d’abeilles domestiques avec des apiculteurs partenaires, mise en place d’hôtels à insectes pour favoriser la présence d’insectes auxiliaires, maintien de bandes enherbées et bandes fleuries pour attirer les pollinisateurs.

Vous l’aurez compris : sans abeille, pas de pollinisation du pommier. Et sans pollinisation, pas de pomme ! Ce petit insecte, au même titre que les autres pollinisateurs, est discret mais nécessaire à notre consommation de fruits. 

Les pomiculteurs engagés dans la démarche Vergers écoresponsables l’ont bien compris et mettent déjà de nombreuses actions en place pour préserver les abeilles. En tant que  consommateurs, vous pouvez choisir des fruits de qualité issus de vergers engagés pour soutenir la préservation des pollinisateurs.

Questions fréquentes

À quelle période les pommiers sont-ils pollinisés ?

Les pommiers sont pollinisés quand ils sont en fleurs. En France, cette étape se passe généralement au printemps, à partir du mois d’avril. La variété de la pomme, la météo et la zone géographique peuvent faire varier de quelques jours ou quelques semaines le début de la pollinisation. Dans le Sud, les pommiers fleurissent généralement plus tôt que dans le Nord, par exemple. 

Certaines variétés de pommiers ne sont pas autofertiles : cela signifie qu’elles ont besoin de la présence d’autres variétés compatibles pour assurer la fécondation de leurs fleurs. C’est ce qu’on appelle la pollinisation croisée. Le rôle des abeilles est donc crucial dans la production de pommes : elles vont prélever le pollen d’une première variété pour le déposer sur une seconde. 

Ça, c’est une question intéressante ! Le pépin n’est autre que l’ovule de la pomme. Au moment de la pollinisation, le pollen du pommier est transporté d’une fleur à l’autre par les pollinisateurs pour assurer leur fécondation. Une fois fécondée, la fleur va perdre ses pétales et ses ovules vont devenir des graines contenant un embryon de plante. Dans le cas du pommier, ce seront les pépins. 

Oui, les abeilles sauvages (aussi appelées solitaires) mais aussi les bourdons viennent soutenir le travail des abeilles domestiques. Plus précoces pour les premières et moins sensibles au froid pour les seconds, ces insectes pollinisateurs sont essentiels dans un bon nombre de vergers. Malgré tout, les abeilles assurent 90 % de la pollinisation des arbres fruitiers aujourd’hui

Malheureusement, si les abeilles disparaissaient, nous n’aurions plus de fruits à croquer : pommes, poires mais aussi les pêches ou encore les abricots. Les abeilles sont des insectes pollinisateurs, elles jouent donc un rôle primordial dans la fécondation de la fleur qui deviendra ensuite un fruit. 

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Pommes et poires de France
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