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La pomiculture
Cultiver pommes et poires demande du temps : environ 6 mois entre les premiers bourgeons et la récolte. Ce cycle long exige une attention de chaque instant pour garantir au consommateur des fruits sains, cultivés dans le respect de la nature.
RESPECT DE LA BIODIVERSITÉ et l’environnement
Préserver la biodiversité et protéger l’environnement sont des engagements au cœur du métier de pomiculteur. Dans les vergers, chaque geste compte pour veiller à l’équilibre du vivant dans le verger.
FAUNE UTILE Les insectes auxiliaires
La lutte biologique permet de combattre les nuisibles (pucerons, acariens…), ravageurs des cultures, en favorisant la présence de leurs prédateurs dans le verger, les auxiliaires. Ces derniers aident le pomiculteur à maintenir la population de ravageurs en dessous du seuil qui mettrait la récolte en péril.





Contre les pucerons, plusieurs alliés sont à l’œuvre : les coccinelles et leurs larves, les syrphes, les Aphélinus mali qui les parasitent, ou encore les perce-oreilles qui s’en nourrissent.
Contre l’araignée rouge, un acarien ravageur, les pomiculteurs ont introduit il y a quelques années son prédateur naturel, le typhlodrome. Résultat : les traitements acaricides ont disparu de la plupart des vergers.
Les insectes pollinisateurs
Les abeilles, papillons et bourdons sont indispensables à la pollinisation et donc à la production des pommes et de poires. Pour encourager leur présence, de nombreux pomiculteurs installent des ruches au cœur de leurs vergers.
Aujourd’hui, 88% des surfaces des vergers écoresponsables sont pollinisées en faisant appel à des apiculteurs et à leurs ruches.
Une collaboration fidèle qui dure en moyenne depuis 11 ans. Certains pomiculteurs sont d’ailleurs apiculteurs eux-mêmes. Enfin, le maintien de bandes enherbées entre les rangs de pommiers et la plantation de haies à proximité favorisent la biodiversité et attirent naturellement abeilles et auxiliaires.
GESTION DE L’EAU
ET DES DÉCHETS
Grâce aux stations météo installées dans les vergers et aux sondes hygrométriques dans le sol, les pomiculteurs ajustent avec précision les apports en eau. L’irrigation au goutte-à-goutte ou par micro-aspersion, permet d’arroser uniquement le pied de chaque pommier, limitant ainsi le gaspillage.
Les pomiculteurs engagés dans la Charte Vergers écoresponsables veillent aussi à une gestion responsable des déchets. Ils participent aux filières de recyclage comme Adivalor, pour les bidons usagés ou les filets paragrêle, qui peuvent être recyclés en mobilier urbain — par exemple en bancs publics.
PROTECTION RAISONNÉE du verger
Les pomiculteurs Vergers écoresponsables observent, diagnostiquent et protègent leurs vergers avec les meilleures techniques, tout en préservant la biodiversité et l’environnement. Dans cette démarche, aucune intervention n’est automatique : chaque action est réfléchie, justifiée et adaptée aux besoins réels du verger.
Découvrez les moyens mis en place :
L’OBSERVATION,
UN PRÉALABLE INCONTOURNABLE
Les pomiculteurs agréés Vergers écoresponsables passent beaucoup de temps à observer la vie du verger, notamment le développement de maladies ou de ravageurs. Grâce à ces observations, aux comptages pour mesurer le niveau de développement des ravageurs et aux outils d’aide à la décision comme les stations météo, ils ajustent leurs interventions en fonction de la menace pour leur récolte.
LA PROPHYLAXIE :
DES MESURES PRÉVENTIVES CONTRE LES MALADIES
LA TAVELURE
Parmi toutes les maladies des pommiers, la tavelure est bien l’ennemi n°1. C’est un champignon qui se développe, au printemps uniquement, sous certaines conditions de température et d’humidité et qui génère des taches brunes sur les feuilles et sur les fruits, les rendant impropres à la consommation.
Pour lutter contre ce champignon, à l’automne, le pomiculteur va broyer les feuilles qui sont au sol et les éliminer pour limiter les « foyers dormants » qui pourraient se réactiver au printemps suivant avec des conditions d’humidité et de chaleur favorables au développement de la tavelure.
L’un des axes importants de la recherche variétale de ces dernières années vise à créer des variétés résistantes à la tavelure, ce qui permet de limiter les interventions en verger.
LE CARPOCAPSE
Le ver de la pomme est la larve d’un papillon de nuit appelé
« carpocapse ». La femelle pond ses larves sur les feuilles ou les fruits dans lesquels elles creusent des galeries jusqu’aux pépins, provoquant des dégâts considérables.
Pour limiter leur présence, de petits diffuseurs de phéromones sont accrochés dans les arbres et répandent l’odeur de la femelle dans le verger. Désorientés, les papillons mâles ne parviennent plus à trouver les femelles. Sans accouplement, pas de larve. Et donc aucun ver dans les pommes !
OUTILS D’AIDE À LA DÉCISION
Pour les aider dans l’observation de leur culture, beaucoup de pomiculteurs agréés Vergers écoresponsables sont équipés d’une station météo installée au milieu du verger, reliée à un logiciel qui analyse les données transmises par les capteurs : température, humectation, pluviométrie.
Au printemps, ces informations permettent surtout de prévoir le risque d’apparition de la tavelure et de définir s’il faut intervenir dans le verger.
Un logiciel de modélisation informe le pomiculteur des périodes à risque qui nécessitent une intervention.
Elle sera soit biologique grâce à des préparations à base de cuivre ou de soufre, soit à base de produits de synthèse ciblés si la vigueur des projections du champignon le nécessite.
PROTECTION CONTRE LE GEL ET LA GRÊLE
Le gel sur fleur ou sur fruit peut détruire une récolte. Les pomiculteurs doivent donc protéger leur verger des températures négatives, surtout si elles durent. Différents systèmes sont utilisés :
- LE SYSTÈME PAR ASPERSION
dès que la température est proche de 0, on arrose le verger sur frondaison. Une petite pellicule de glace va se former autour de la fleur/du fruit formant une carapace de protection (température constante à l’intérieur). C’est la technique la plus efficace.
- LES TOURS ANTIGEL
en brassant l’air, ces tours permettent de gagner 2 ou 3°C.
- LES BOUGIES
peuvent également être mises en place pour réchauffer l’atmosphère, mais elles sont couteuses et nécessitent beaucoup de main d’œuvre pour l’installation.
- LE FROSTBUSTER
moins répandu, est un ventilateur puissant doté d’un brûleur à gaz tracté qui permet d’envoyer de l’air chaud dans le verger.
QUALITÉ DU FRUIT
Pour procéder à la récolte des pommes et des poires, les producteurs s’assurent de la maturité des fruits grâce à plusieurs indicateurs de qualité : la coloration, le calibre, la fermeté, le taux de sucre, la régression de l’amidon.
LA COLORATION
La coloration des pommes et des poires dépend des variétés et des conditions météo.
Ce sont surtout les écarts de température entre le jour et la nuit qui favorisent la formation des pigments. Plus les nuits sont fraîches et les journées ensoleillées, plus la pomme sera naturellement colorée !
LE CALIBRE
Le calibre est un critère essentiel du contrôle qualité des pommes et des poires, mais il ne s'évalue pas de la même manière selon les fruits.
POUR LES POMMES
Le calibre est défini par leur poids : il doit être d'au moins 90 g. Toutefois, les calibres plus petits peuvent être acceptés s'ils affichent une teneur en sucre (Brix) élevée, soit égale ou supérieure à 10,5° Brix, et un poids minimum de 70 g.
POUR LES POIRES
C'est le diamètre qui compte : il se mesure à l'aide d'un pied à coulisse ou d'une plaque de réglage, et doit être supérieur à 45 mm.
LA FERMETÉ
La fermeté d'une pomme ou d'une poire est un indicateur clé de leur maturité. Elle se mesure à l'aide d'un pénétromètre, un outil qui permet d'évaluer la résistance de la chair à la pression, exprimée en kg/cm².
POUR LES POMMES
La fermeté varie selon les variétés : autour de 7 à 9 kg/cm² pour une Golden à maturité optimale, et jusqu'à 9 à 11 kg/cm² pour une Granny Smith, plus croquante.
POUR LES POIRES
La mesure est plus délicate car leur texture évolue rapidement. Une poire Conférence présente une fermeté d'environ 6 à 7 kg/cm² à maturité de récolte, mais peut descendre à 3 à 4 kg/cm² une fois prête à être dégustée.
LE TAUX DE SUCRE
Le taux de sucre d'une pomme ou d'une poire est un bon indicateur de sa maturité et de son goût.
Pour le mesurer, on utilise un réfractomètre, qui analyse quelques gouttes de jus du fruit pour déterminer sa teneur en sucre naturel, exprimée en degrés Brix. Plus ce chiffre est élevé, plus le fruit est sucré.
En moyenne, les pommes et les poires destinées à la consommation en frais doivent atteindre au moins 10,5° Brix pour garantir une bonne qualité gustative.
LA RÉGRESSION DE L'AMIDON
La régression de l'amidon est un indicateur clé de la maturité des pommes qui permettra de déclencher la récolte. Au fur et à mesure du mûrissement, l'amidon contenu dans le fruit se transforme en sucres solubles.
Ce processus est évalué en appliquant une solution iodée sur une coupe transversale du fruit : les zones riches en amidon prennent une coloration bleu-noir, tandis que les zones où l'amidon s'est transformé en sucre restent claires.
UNE DÉMARCHE contrôlée
Tout pomiculteur engagé dans la Charte Vergers écoresponsables a l’obligation d’être suivi par un technicien agréé qui l’aide à prendre les bonnes décisions.
TRAÇABILITÉ DU FRUIT
Les pomiculteurs agréés Vergers écoresponsables tiennent obligatoirement un cahier de culture dans lequel sont consignées toutes les interventions. Toute intervention systématique est proscrite et chacune doit être justifiée techniquement.
Un programme annuel de surveillance sanitaire est réalisé́ par des laboratoires accrédités Cofrac, avec des analyses multi-résidus effectuées par tranche de 1 000 tonnes par organisation de producteurs ou par producteur. Les lots non-conformes à la règlementation sont interdits de commercialisation, les causes de ces dépassements sont recherchées.
RÈGLEMENTATION en matière de résidus
La sécurité sanitaire des fruits est une priorité absolue pour les producteurs. Toutes les pommes françaises agréées Vergers écoresponsables sont évidemment conformes à la réglementation en matière de résidus. Dans les analyses qui sont réalisées depuis plusieurs années, on observe que les résultats sont très en dessous des limites maximales autorisées, ce qui confirme les bonnes pratiques.
LIMITES MAXIMALES DE RÉSIDUS
DOSE SANS EFFET
À partir de la Dose Sans Effet (DSE), dose pour une molécule donnée, que l’on pourrait absorber tous les jours de sa vie sans effet sur la santé, soit le pire cas d’exposition, on applique un coefficient de sécurité́ de 100 à 1000 fois moins pour fixer la LMR.